L’OMI peut-elle contribuer à protéger les environnements marins sensibles en Méditerranée?

Organisateur: WWF

Modérateur: Catherine Piante, WWF France

 

Comment l’Organisation maritime internationale peut contribuer à protéger les milieux marins sensibles et à atténuer les risques de transport maritime international sur les AMP en Méditerranée ?

 

Résumé de la session

 

La mer Méditerranée héberge certaines des ressources écologiques les plus remarquables au monde. Ces ressources font face à de nombreuses pressions, y compris les pressions de la navigation internationale. La région examinera comment l’Organisation maritime internationale peut contribuer à protéger les milieux marins sensibles et à atténuer les risques de transport maritime international sur les AMP en Méditerranée.
Les zones maritimes particulièrement sensibles sont un mécanisme mondial mis au point par l’OMI pour atténuer ou éliminer les effets du transport maritime international sur les milieux marins sensibles. Contrairement aux aires marines protégées, qui visent à protéger l’environnement d’un certain nombre d’activités, comme la pêche, une PSSA traite exclusivement de la navigation internationale.
D’autres mesures de l’OMI concernant les questions environnementales seront présentées: Convention sur les eaux de ballast, mesures de contrôle des émissions de soufre, etc. Des initiatives volontaires liées à l’atténuation des effets du trafic maritime et mises en œuvre par les États membres méditerranéens seront introduites (REPCET system - Real time plotting of cetaceans).

 

 


 

► Recommandations de la session

 

1- La Méditerranée et les défis environnementaux auxquels elle est confrontée en termes de trafic maritime, devraient gagner en visibilité dans le cadre de l’Organisation Maritime Internationale.

 

2- Il convient d’identifier, au niveau régional, les questions de conservation marine qui pourraient être améliorées par des mesures, dans le cadre de l’OMI (notamment les Zones Maritimes Particulièrement Vulnérables (ZMPV), le Dispositif de Séparation du Trafic (DST), etc.). Un plan d’action devrait les prioriser et les aborder, sous le leadership du REMPEC et en impliquant toutes les parties prenantes régionales.

 


 

 

Presentation : L’OMI et son rôle dans la protection de l’environnement marin sous l’angle des outils de gestion spatialisés

Intervenant : Edward Kleverlaan, Organisation Maritime Internationale
Cette présentation présentera le mandat et l’autorité de l’OMI, sa structure normative et ses travaux visant à protéger le milieu marin du trafic maritime international. Ce faisant, la présentation explorera particulièrement les outils spatialisés élaborés dans le cadre des instruments de l’OMI, tels que les ZMPV, les zones spéciales sous MARPOL, les routes maritimes et d’autres outils de gestion spatialisés et certaines des lignes directrices qui sont en place pour aider les états membres à les identifier et les créer. Les récents développements au titre des principaux accords de l’OMI visant à protéger le milieu marin seront également passés en revue. Un aperçu des régimes de gestion spatialisée actuels et en cours d’élaboration sera donné et un commentaire sur leur efficacité.

 

ETUDE DE CAS 1 : La ZMPV des Bouches de Bonifacio et le schéma de séparation de trafic du Canal de Corse

Intervenante : Maddy Cancemi, Parc marin International des Bouches de Bonifacio (France)
La présentation fournira une description de la ZMPV des Bouches de Bonifacio, en se concentrant sur son origine, sa mise en œuvre et ses résultats actuels. Il présentera ensuite la mise en place récente d’un schéma de séparation de trafic dans le canal de Corse.

 

ETUDE DE CAS 2 : Identification des habitats essentiels pour les cétacés pour appuyer des mesures de conservation pertinentes

Intervenante : Florence Descroix-Comanducci, ACCOBAMS
Il y a quelques années, les autorités maritimes espagnoles ont promu, dans les cadre de l’OMI, le repositionnement du SST de Cabo de Gata de 5 à 20 milles marins au large de la côte afin de réduire le risque de collisions entre baleines et navires.
Sur la base de cette opération réussie, l’ACCOBAMS révise actuellement la liste des habitats essentiels pour les cétacés, en tenant compte à la fois de la distribution connue des cétacés et de l’approche de gestion axée sur les menaces. Les analyses croisées de toutes ces données devraient faciliter (i) l’identification des efforts régionaux et nationaux qui devraient être faits pour créer des zones de conservation appropriées et (ii) la mise en œuvre de mesures de conservation pertinentes avec les autres organisations concernées (FRA de CGPM, ZMPV de l’OMI, ...).

 

ETUDE DE CAS 3 : Les collisions avec les navires sont elles une fatalité dans le Sanctuaire Pelagos? 

Intervenant : Denis Ody, WWF France
Le sanctuaire Pelagos, une zone avec une très riche population de cétacés, concentre également une forte densité de trafic maritime. Dans le Sanctuaire, les navires parcourent plus de 18 millions de kilomètres par an et le taux de collision avec les grands cétacés est 3,25 fois plus élevé qu’à l’extérieur. Le système REPCET anti-collision est actuellement la meilleure option disponible pour réduire le risque de collision. La nouvelle loi sur la biodiversité française a rendu obligatoire l’utilisation du système REPCET pour les navires battant pavillon français qui se rendent dans les sanctuaires Pelagos (Méditerranée) et Agoa (Antilles). Une large adoption de ces systèmes, associée à des mesures d’atténuation, pourrait réduire sensiblement et à moindre coût l’impact du trafic maritime sur les grands cétacés.